Bye-bye Russie / Hello Mongolie !

ulaanbaatar

Après un passage éclair à Irkustk afin de récupérer nos passeports et visas pour la Mongolie, nous avons pris le premier train de nuit direction Ulan Ude. L’obtention de nos billets fut particulièrement laborieuse : après avoir fait la queue pendant 40 minutes pour atteindre le guichet, l’employée nous a carrément envoyés bouler car elle ne parlait pas anglais. Ambiance ! C’est finalement sur une borne automatique, avec l’aide de quelqu’un, que nous avons pu acheter nos billets…

Retrouvailles avec ce bon vieux Transsibérien, qui nous a emmenés en 7 heures à Ulan Ude en Yakoutie, une province sibérienne aux coutumes très proches de la culture mongole. La ville n’a pas un immense intérêt touristique. Aussi, nous avons profité des deux jours passés là-bas pour recharger nos batteries dans un petit hostel du centre ville. Résumé de nos occupations : on s’est reposés, on s’est cuisiné de bons repas, on a mis à jour le site, on s’est couchés à 3h du matin pour voir la France perdre contre l’Allemagne, on a vu la plus grosse tête de Lénine au monde sur la place centrale (sans rire !), et de nombreuses maisons de bois (comme à Irkustk).

grosse tete lenine

Le 6 juillet nous avons pris un bus aux aurores, direction la capitale Mongole. Pour info, contrairement à ce que pensent beaucoup de voyageurs, cette solution est moins chère et plus rapide que le train. Le hasard faisant bien les choses, nous y avons retrouvé deux françaises rencontrées sur l’île d’Olkhon chez Nikita, quelques jours plus tôt ! Nous avons atteint la frontière russe vers midi : les contrôles sont longs et stricts. Erlé en sait quelques chose, ils ont mis 30 minutes pour vérifier ses papiers (a priori ils étaient intrigués par deux visas pour le Laos datant de 2010). Un autre français est quant à lui resté bloqué 45 minutes, car il était allé en Ukraine récemment : ça ne plaisante pas aux frontières russes ! Quelques mètres plus loin, à la frontière mongole, une autre méthode est en vigueur : rapide contrôle des papiers et scan des bagages… sans personne derrière l’écran !!

Nous étions enfin dans le second pays de notre aventure ! Les yeux comme des soucoupes, on aperçoit les premières yourtes au loin, entourées d’animaux. Les paysages nous séduisent déjà, immenses et verdoyants. Nous constatons rapidement que les routes mongoles ne sont pas souvent en bitume, mais plutôt en terre ! On découvre également la monnaie locale, le Tugrik, lors d’un arrêt dans une petite ville. 1 € = 2500 Tugriks environ : on se retrouve avec des liasses de billets, qui nous donnent l’impression d’être plein aux as !

Nous arrivons à Ulan Bator en fin de journée sous une fine pluie, et faisons la connaissance de Mogghi, la responsable de l’auberge de jeunesse Top Tours. Nous n’avions pas besoin de logement, mais devions avoir l’air un peu désemparés sous la pluie : elle nous a déposé gratuitement à notre hostel ! Bientôt ce ne sont plus des petites gouttes qui tombent, mais des trombes d’eau et les rues se transforment en torrents. De l’eau jusqu’aux chevilles, nous arpentons les alentours en quête d’un restaurant. On finit dans un pub, où l’on déguste nos premiers Huzzurs : ce sont des ravioles au mouton et à l’oignon, une spécialité mongole. Et c’est très bon !

temple ub

Le lendemain nous partons à la recherche d’un tour en Mongolie. Il est très compliqué de voyager sans chauffeur en Mongolie : pas de route, pas de panneaux… Nous avons rencontré plusieurs agences, mais rien ne correspondait vraiment à ce que nous voulions. Pour finir, nous sommes allés voir Mogghi qui nous a proposé un tour de 13 jours en van russe avec chauffeur et guide, pour un prix tout à fait correct. La seule condition était qu’elle devait trouver deux ou trois autres personnes pour partager le  van et les frais. Suspense donc, avec qui allions-nous voyager ??! Nous le découvrirons le jour du départ ! Une fois cette mission accomplie, c’est sereinement que nous avons visité la ville et notamment la place principale Sukhe-Bator ou le temple Chenresig qui abrite un immense Buddha de 25 mètres de haut ! (Et qui est envahi par des milliers de pigeons !)

Le troisième soir, nous avions rendez-vous dans la banlieue d’UB avec la famille de Begszuren (dit Begz) pour faire du couchsurfing dans leur yourte. Nous étions impatients de faire cette expérience ! La Mongolie compte 3 millions d’habitants dont 60% à UB, et 60% d’entre eux habitent dans la banlieue des yourtes : on vous laisse faire le calcul ! C’est étonnant de voir autant de yourtes (aussi appelées gers) au km², nous pensions qu’elles étaient plutôt réservées à la campagne !

Pour nous y rendre, nous avons pris le bus public : une véritable expédition. Ambiance collés-serrés à l’intérieur, et la circulation dans la capitale est vraiment catastrophique. Erlé a eu la surprise de se découvrir une troisième main, bien au chaud dans sa poche. Ah non, en fait c’était celle d’un jeune pickpocket ! Il faut vraiment être sur ses gardes à UB, où les vols sont monnaie courante… Dans la rue, comme dans les transports publics d’ailleurs !

arrivee chez begz

Ce mauvais moment passé, nous avons été très bien accueillis par Begz et sa femme, qui nous ont immédiatement offert un délicieux yaourt maison et du fromage. Premier aperçu de la légendaire hospitalité mongole ! Trois autres couchsurfeuses de Hong-Kong dormaient également dans la ger. Nous avons passé la soirée à discuter et à faire connaissance. Vers 22h, extinction des feux ! On range la table et les tabourets pour installer un gros tapis : voilà le lit est fait (tête au nord, pieds au sud). Nous avons observé d’un œil inquiet nos trois acolytes enfiler leurs pulls, doudounes et bonnets avant de se glisser dans leurs sacs de couchages. « Guys, it’s really really cold during the night ». OK nous étions prévenus. Et effectivement, il a fait très froid !! Le lendemain matin (comme tous les suivants), réveil à 6h pétantes. Dur dur ! Mais quand on fait du couchsurfing, il faut s’adapter au rythme des personnes chez qui l’on est ! 

Begz vit avec sa femme et ses 4 enfants dans deux gers : une petite pour cuisiner et où dorment trois enfants, et une grande pour recevoir et vivre, où dorment le couple et une de leurs filles. Ils possèdent une dizaine de vaches et vivent de la vente des produits laitiers qu’ils produisent. Véritable personnage au sourire contagieux, Begz est un hôte ouvert et très actif : nous étions ses 268ème couchsurfeurs en 8 ans. Autant dire qu’il a tout le temps du monde chez lui ! C’est d’ailleurs grâce à des amis (Régis et Marie) qu’il avait logés en 2011 que nous avons eu son contact. Il anime également un club de nutrition, tous les matins à 6h30, durant lequel il vante les mérites des produits Herbalife (une firme américaine dont il est l’un des représentants Mongolie) : c’est très surprenant de voir des posters, des vidéos Herbalife… dans une yourte en banlieue d’UB !

La vie dans une ger demande de l’organisation, chaque chose a son utilité et l’espace est entièrement commun et modulable. Les hôtes occupent le côté droit, tandis que les invités prennent place à gauche (de jour comme de nuit). Pas d’eau courante, seulement un petit lavabo non loin de la ger, que l’on remplit avec un pichet. Les toilettes sont également à l’extérieur (mais plus loin que le point d’eau, ouf ! parce ce n’est pas la joie niveau odeurs !) et consistent en une petite cabane équipée d’un trou, partagée avec les voisins. Alors comment se laver ? Nous chérissons l’inventeur de la lingette ! Et il y a des douches publiques payantes un peu partout dans les rues. On a eu un mal fou à les trouver, mais quel bonheur de se doucher après plusieurs jours !!

vaches matin

Nous avons pu pendant près d’une semaine nous plonger dans le quotidien de cette si accueillante famille : aider à la traite des vaches, et les emmener dans les pâturages avec les enfants, découvrir la technique mongole pour tuer les chèvres puis l’art de la découpe, cuisiner des huzzurs tous ensemble, leur cocoter des salades « à la française », participer au club de nutrition tous les matins avec les voisins, mais aussi parler de tout et de rien. Une bien belle expérience ! Les deux derniers soirs, un couple de tchèques a remplacé les trois filles, partie vers la Russie. Encore une super rencontre…

Enfin, le dernier jour avant le départ pour notre tour, c’était le début de Naadam. Cette grande fête traditionnelle Mongole met en avant les trois principaux sports du pays : la lutte, le tir à l’arc et la course de chevaux. Nous étions ravis d’être en Mongolie pour découvrir ces festivités, qui durent trois jours à Ulaanbaatar, mais parfois des semaines dans certains villages.

Au matin de notre départ, nous avions le cœur serré de quitter Begz et les siens, mais notre voyage est fait d’étapes et la campagne mongole nous attendait. Et qui sait, peut-être nous reverrons-nous bientôt ??

3 thoughts on “Bye-bye Russie / Hello Mongolie !

  1. Quel merveilleux voyage et que de belles rencontres enrichissantes! Une belle aventure que l’on partage avec grand intérêt. Bravo aux deux reporters globe trotteurs!


  2. Quel bonheur de vous lire et de vous suivre!!
    Bonne continuation, prenez soin de vous
    PS: j’adore la photo avec les pigeons! 😉


  3. un beau reportage qui fait voyager virtuellement ; quelle belle expérience de partager la vie des autres ; les photos sont superbes. Il faut vraiment être en bonne santé pour vivre la vie des autres dans de telles contrées (conditions de vie, cuisine etc…
    Voyage riche d’émotions et de partage. J’ai plaisir à vous lire.


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