Coup de coeur pour le lac Baïkal

olkhon

Il faut 6 heures de bus pour faire le trajet Irkutsk-Olkhon. Beaucoup de gens prennent des minibus, mais nous avons opté pour un grand bus du transport public : le trajet est plus rapide, les sièges sont plus confortables, et les prix moins chers ! Une télévision diffusait un téléfilm russe se déroulant dans les années 60 : on n’a rien compris, juste que ça se terminait mal car tous les héros sont morts. Pas de happy end, donc ! Une fois arrivés sur la côte, nous avons emprunté un bac pour traverser le petit kilomètre d’eau nous séparant de la plus grande des îles du Baïkal (70 km de long pour 15 de large). Le bus nous a finalement déposés dans le seul vrai village de l’île, Khujir, situé sur la côte ouest.

Nous avons fait la connaissance de notre hôte couchsurfer, Sergueï. Il vit avec sa famille sur les hauteurs du village, à côté de l’église protestante dont il est le sonneur de cloches. Sergueï met à la disposition des voyageurs une maison (Philoxenia) : chacun peut y rester le temps qu’il veut, profiter du cadre magique de l’endroit, donner un coup de main s’il le souhaite à un chantier en cours… Il n’y a pas de clé sur la porte, aucun compte à rendre. La pièce principale se compose d’un coin cuisine, une grande table centrale, des bancs, des étagères et des lits. Le tout en bois, et construit à la main. Pas d’eau courante, pas de salle de bain, seulement un tipi-toilettes à l’extérieur. Rien de superflu, on fait tout avec les moyens du bord !

olkhon philoxenia

Nous sommes restés quatre jours à Philoxenia, que nous partagions avec une joyeuse troupe de voyageurs : Artem (biélorusse), Gregor & Hannah (allemands), Eri (japonaise), Lolo & Lionel (français). Une bonne ambiance s’est immédiatement mise en place : discussions, plaisanteries, sessions photos, conseils, expéditions en « ville » pour faire des courses, et idées farfelues ont rythmé ce séjour… pour le plus grand plaisir de tout le monde !!

Le beau temps était de la partie et l’eau bleue du Baïkal criait nos noms. Sauf que bon, en y regardant de plus près, l’eau était encore plus froide qu’en Bretagne (si si, c’est possible !). C’est avec difficulté qu’on a réussi à y plonger… de longues secondes… une fois. Mais la bonne nouvelle pour nous, c’est que selon la légende :  Si on trempe ses mains dans le Baïkal, on rajeunit de 5 ans      /      Si on trempe ses pieds dans le Baïkal, on rajeunit de 10 ans    /     Si on se lave le visage dans le Baïkal, on rajeunit de 15 ans    /      Si on se baigne entièrement (mais sans plonger la tête), on rajeunit de 20 ans      /     Si on se baigne entièrement (tête comprise) dans le Baïkal, on rajeunit de 25 ans !! Nous avons donc désormais 4 et 5 ans 🙂

A chaque jour son repas traditionnel, cuisiné par l’un des habitants : on a donc goûté de la nourriture biélorusse (purée et salade typiques), japonaise (pancakes de légumes) et cuisiné de la ratatouille et des crêpes à nos amis. Nous avons également testé le poisson du Baïkal, l’homol, qui est excellent !

sunset olkhon

Chaque soir, nous regardions le coucher de soleil à couper le souffle et passions de longs moments à discuter et chanter les morceaux joués à la guitare par Gregor et Artem. Nous avons passé une partie de notre seconde soirée tous ensemble dans un Banya russe : c’est une sorte de sauna local, où l’on se fouette avec des branches brûlantes et qui se termine par une bonne douche froide. Un petit verre de vodka par-dessus tout ça : y’a pas à dire, ça ravigote !

Nous avons également eu l’occasion de voir Sergueï sonner les cloches, d’assister à une messe orthodoxe, et de faire d’autres belles rencontres !

Après ces quelques jours de cohabitation hors du temps, nous sommes partis explorer le reste de l’île en duo. Un van nous a emmenés voir les magnifiques falaises de la pointe Nord, puis nous a déposés sur la côte Nord Est. Nous avions décidé de revenir à notre point de départ à pied : c’était parti pour 3 jours de randonnée et 3 nuits de camping ! On était ravis de dégainer pour la première fois du voyage notre tente !!

rando olkhon

Le premier soir nous avons installé notre campement dans une jolie crique entourée de falaises. On a eu la chance d’apercevoir de nombreux animaux : marmottes, phoques, écureuils… A la nuit tombée, nous avons rencontré de sympathiques russes (Katia et Dima d’Irkutsk, ainsi que leurs amis de Moscou). Très bonne soirée au coin du feu à discuter de tout et de rien, en buvant des infusions de thym.

Le lendemain, nous avons marché environ 20 km pour traverser l’île et trouver un endroit sympa où camper. Heureusement que nous avions pu laisser des affaires chez Sergueï, car il faisait chaud et nos sacs pesaient sur nos épaules !! Le point positif d’Olkhon : elle est entourée d’eau douce, il suffit de plonger une gourde dans le lac pour refaire ses réserves d’eau !

Nous avons été surpris par un orage en pleine forêt et après avoir scruté les environs, le seul abri s’offrant à nous était… un local poubelles !! Pas le choix, on doit prendre sur nous : quel bonheur de s’installer au milieu des déchets (beeeurk) !! Heureusement, ce douloureux moment olfactif fût rapidement interrompu par deux cyclistes russes qui nous ont aperçus et invités à prendre le thé sous leur bâche !! Ils ont eu la délicatesse de ne pas parler de notre piteuse situation…

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Le second soir, nous étions seuls face au lac. Une pluie légère mais tenace nous a réveillés. Nous avons attendu quelques heures avant de nous décider à plier notre matos trempé et reprendre notre chemin. Une fois tout emballé, cette petite coquine de pluie s’est arrêtée. Bon, pas grave, c’est toujours mieux de marcher sous le soleil ! Nous avons effectué les 17 km qui nous séparaient de l’endroit que nous avions en tête pour notre 3ème nuit de camping. Nous y avons découvert un immense camp, fourmillant d’enfants et d’ados. Une énorme colonie de vacances avait élu domicile sur la pointe que nous convoitions : qu’à cela ne tienne, malgré la fatigue, on a continué notre chemin jusqu’à une paisible petite crique.

Notre dernière nuit sous la tente fût fraîche, mais nous avons appliqué ce que nous avons appelé ‘le Principe de l’Oignon’ : mettre le plus de couches de vêtements possible et se mettre en boule. Ça marche !

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Seuls 7 petits kilomètres de marche nous séparaient de Khujir pour l’ultime journée de randonnée. Nous sommes arrivés juste à temps pour éviter un énorme orage, et arriver chez Nikita, l’hostel où nous avions réservé. Petite infidélité à Sergueï, mais nous avions vraiment besoin d’une bonne nuit et surtout d’une douche !! Nous sommes repassés chercher nos affaires à Philoxenia, et n’avons croisé personne. D’autres voyageurs avaient pris possession du lieu : une étrange sensation nous a saisis, on se sentait chez nous et en même temps étrangers. De retour à Nikita, nous sommes conviés à venir discuter en anglais avec un groupe de jeunes russes, sur l’île pour améliorer leur maîtrise de la langue de Shakespeare. On certifie que leur niveau était bien meilleur après l’heure passée avec nous !!

Le lendemain matin, nous avons pris la route pour Irkutsk, la tête pleine de paysages splendides, de fleurs, de papillons, de phoques et de nos belles rencontres… mais aussi d’une envie : revenir voir le lac et l’île en hiver ! Autant vous dire que nous n’avions pas vraiment l’esprit à regarder le téléfilm mettant en scène un gros monsieur moustachu avec une chemise rouge…

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